mai 7, 2012 - Femmes    No Comments

Chef(fe) d’entreprise… en 1969 !

6 mai 2012, 20h45 : l’overdose de soirée télévisuelle présidentielle me guette. Depuis 18 heures, les sites internet des médias étrangers francophones nous ont donné le nom du vainqueur, Twitter s’en donne à coeur joie sur le Gouda et la Rollex. Effet de surprise à 20h, néant. Les journalistes meublent l’antenne avec de l’info rabâchée, les politiques font les déclarations convenues et les éléments de langage sont les mêmes sur toutes les chaînes. On rêverait que Philippe Poutou vienne bousculer les codes de communication sur les plateaux télé mais il ne peut pas, il a usine le lendemain (donc aujourd’hui).

Et puis soudain, au hasard du zapping, LE film de la soirée, diffusé par France 3, j’ai nommé Hibernatus.

Ça faisait bien dix ou quinze ans que je n’avais pas revu ce film, que, soit dit en passant, j’adorais quand j’étais enfant.

Hibernatus, c’est la France d’avant, la France pompidolienne délicieusement insouciante des Trente Glorieuses (le film date de 1969). Pas de chômage, pas de déficit, de la croissance, du progrès et des lendemains qui vont chanter. La distribution du film est excellente (Louis de Funès, Claude Gensac, Michael Lonsdale, Bernard Alane, Claude Pieplu et j’en passe) et Edouard Molinaro est à la réalisation. Les décors sont grandioses, on se croirait dans un Mad Men d’époque pour la partie se déroulant en 1969. Bref tout roule et je m’extasie sur les costumes.

Et puis soudain, par métonymie cinématographique (Claude Gensac signe des chèques pour le comptable de la société), on nous signifie que l’entreprise d’emballage de Hubert de Tartas (joué par Louis de Funès) ne lui appartient pas en propre mais à sa femme. Bref, Edmée de Tartas détient le capital de l’entreprise pendant que Hubert fait tourner la boîte sans avoir la signature sur les comptes. Jusque là, rien de bien incroyable pour cette époque et ce milieu, si ce n’est que la fofolle jouée par Claude Gensac ne l’est pas tant que cela. J’aurais même été jusqu’à dire qu’elle avait tout compris du management par délégation.

Et alors, se produit LE truc qui me fait tiquer ! Claude Pieplu, Ministre de l’Intérieur, convoque le (pseudo) industriel Louis de Funès non pas pour lui décerner une légion d’honneur très attendue mais pour lui annoncer que l’hiberné, découverte scientifique de premier plan, est le grand-père d’Edmée. Je résume : dans une affaire d’Etat, on convoque le mari pour lui donner une information qui regarde sa femme en premier lieu et pas lui. Wow ! Voilà qui en dit long sur le statut des femmes de cette France d’avant : au mieux des imbéciles aux yeux de la raison d’Etat, au pire des mineures ad perpetuam.

Un peu interloquée par cette scène, je décide de consulter l’histoire du statut de la femme. Le fait pour une femme de pouvoir avoir un emploi sans avoir à obtenir l’autorisation de son mari et de disposer librement de ses biens propres date de 1965. Si le film Hibernatus avait été tourné quatre ans auparavant, la scène évoquée plus haut (signature de chèques) n’aurait pas été filmée. Voilà qui fait réfléchir. D’autant que le dindon de l’aimable farce qu’est Hibernatus n’est ni l’hiberné Bernard Alane, ni Claude Gensac mais le personnage joué par Louis de Funès qui finit par se faire congeler volontairement pour ne pas voir le pouvoir au sein de l’entreprise lui échapper définitivement (les biens du grand-père devant lui être rétrocédés).

Celle qui avait finalement le plus à perdre dans cette affaire, n’était-ce pas sa femme ? La réponse est oui. Mais l’apparence et la réalité du pouvoir lui est indifférente contrairement à son mari. Elle se consacre avant tout au bonheur de sa famille, fut-il celui de son grand-père qui par un tour de passe-passe du synopsis devient son fils.

Cette France d’avant, donnée à voir ce film, elle me fait envie parce qu’elle fait se souvenir d’un contexte économique insouciant et elle me révulse aussi parce qu’elle rappelle que peu de temps auparavant, la femme mariée était une incapable juridique.

A néo-entrepreneure, nouvelles compétences…

Skills Drop Off

Depuis le début de mon aventure entrepreneuriale, je m’aperçois (mais est-ce réellement une surprise ?) que je développe des compétences qui étaient totalement hors de mon champ lorsque j’étais simple salariée.

Dans ma vie d’avant, et comme beaucoup de femmes dans leur vie professionnelle, je ne faisais pas grand cas de mon réseau. J’avais le syndrome de la bonne élève, celui qui vous fait croire qu’un travail honnête et bien fait suffira à vous hisser d’un barreau à l’autre de l’échelle professionnelle (bien que, dans mon cas, le réel venait souvent démentir cette pensée magique !).

Dans ma vie d’avant, j’avais un périmètre défini auquel j’étais censée me tenir. J’avais une hiérarchie aussi et mon pouvoir d’initiative se mesurait à l’aune du tempérament control-freak de mes dirigeants. Bref la vie de bureau normale.

J’avais un métier, aussi. Un titre (beaucoup plus important que le métier aux yeux du commun des mortels).

Tout ça c’est fini.

Aujourd’hui, je n’ai plus de métier. Je les ai tous ! Le matin, je suis DirCom, en fin de matinée, référenceur, pour mon déjeuner je suis DG et l’après midi DSI. A moins que ce ne soit l’inverse…

Et surtout, maintenant, je passe un temps fou à réseauter, à me vendre et à vendre le concept Biglib !

 

 

Le référenceur et le moteur de recherche

Le référenceur et le moteur de recherche

A la manière de Jean de La Fontaine, une mésaventure récente et néanmoins inexpliquée…
En espérant que ceci m’aide à réparer un affront fait par des robots d’indexation insensibles à la littérature, aux lecteurs indigents comme opulents et à ma compétence professionnelle :-)

Maître Reférenceur, sur une SERP perchée,
Tenait en son bec une cococinelle.
Maître Google, par le contenu alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
« Hé ! bonjour, Monsieur Référenceur.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre Lagarde et Michard en ligne
Se rapporte à vos autres livres gratuits,
Vous êtes le Giovanni Verga des hôtes de ces bois. »
A ces mots le référenceur ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer son beau positionnement,
Il ouvre un large duplicate content, laisse tomber sa proie.
Google s’en saisit, et dit : « Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout référenceur
Vit aux dépens de celui qui l’indexe:
Cette leçon vaut bien une chute de positionnement, sans doute.  »
Le Référenceur, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

fév 6, 2012 - Entrepreuneriat    No Comments

L’économie marche sur la tête, peut-elle faire émerger des entrepreneurs droits dans leurs bottes…

Main sur la tête
Combien d’entre nous font l’expérience intime et professionnelle de l’horreur économique ? Qui ne peut citer plusieurs exemples vécus de projets absurdes, de décisions insidieusement violentes, de comportements maladifs, de recrutements ou promotions absurdes au sein d’entreprises en apparence saines ? La rareté de l’emploi et la crise n’ont-ils pas corrompu notre rapport aux travail et à ceux qui le font ? Des gens en apparence raisonnables se révèlent des bourreaux sans états d’âmes, des personnes d’une parfaite normalité développent des stratégies professionnelles indignes. Chacun pour soi, il n’y en aura pas pour tout le monde ! Quelques entreprises sont mêmes devenues des paradigmes de l’expérience de Milgram et y travailler, c’est quelque part accepter l’éventualité d’y laisser sa peau.

Pendant les Trente Glorieuses, la compétence en entreprise était peu ou prou le sésame de la progression professionnelle et une certaine équité semblait respectée. Si elle ne l’était pas, il suffisait d’aller voir ailleurs. Depuis 30 ans, foin de tout cela ! L’évolution professionnelle est devenue prioritairement une question de réseaux. La première préoccupation des salariés « tertiairisés », c’est n’est plus de faire son travail correctement (culture de l’atelier), la priorité c’est de plaire et de nouer les « bonnes » alliances au sein de son environnement professionnel.

Je rencontre nombre d’entrepreneurs dans ma nouvelle vie et pour beaucoup d’entre eux (moi la première), une des motivations premières, outre une certaine forme d’indépendance, réside dans le fait de vouloir participer d’une nouvelle forme d’entrepreneuriat, plus humaniste et plus solidaire.

C’est ainsi que j’ai rencontré Jérémy Carini, le créateur de Deexies, une entreprise qui commercialise des préservatifs sur le modèle du « buy one give one » né aux Etats-Unis et dont l’initiateur en France est Jimmy Fairly, opticien. Le concept est simple : pour un article vendu (en l’occurrence des préservatifs), l’entreprise s’engage à offrir un article équivalent à une personne qui n’a pas les moyens de se l’offrir. Pour tout préservatif que vous achetez, Deexies en donne un à une association.

Si vous souhaitez en savoir plus sur Jérémy et son projet, sachez que France 4 lui a consacré une émission que vous pouvez visionner ci-dessous.

Je vous avertirais sur ma page Facebook et mon fil Twitter dès que la e-boutique de Jérémy sera en ligne.

fév 1, 2012 - Entrepreuneriat    5 Comments

La solitude de l’entrepreneur de fond

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Lorsqu’on est porteur de projet ou entrepreneur, on est immédiatement confronté à l’absence de lieu dédié à l’activité. Comme tant d’autres, je travaille à mon domicile en attendant le jour béni où enfin je pourrai installer Biglib dans ses bureaux. Il faut bien l’avouer, il n’y a pas de solution à ce problème qui touche bien des néo-entrepreneurs.

Que le bureau soit un lieu de socialisation est une évidence. Mais au-delà de cette constatation et quand bien même l’entrepreneur est bien entouré du point de vue personnel et amical, rien ne peut remplacer le travail en groupe (ne parlons pas du travail en équipes, pour l’entrepreneur ça n’existe plus puisqu’il est de facto destiné à les coacher plus qu’à les intégrer), ce petit plus qui fait qu’on est plus intelligent à plusieurs que tout seul.

Dissocier sa vie personnelle de sa vie professionnelle, demander un conseil rapide, tester une idée auprès d’un mentor ou simplement échanger des banalités autours d’un café, tout ceci s’évanouit avec le statut de « jeune » entrepreneur.

Il est assez frappant que parmi toutes les aides proposées aux porteurs de projets, très peu sont dédiées à la mise à disposition d’espaces de travail pour un prix accessible. Il existe certes des espaces de co-working, mais beaucoup de porteur de projet ne peuvent se permettre de débourser les sommes demandées (surtout à Paris). Pourquoi les collectivités locales avec l’aide des régies immobilières ne créent-elles pas des espaces de co-working au sein du logement social ? Pourquoi ne pas proposer des plateaux au sein desquels le créateur d’entreprise pourrait s’installer pour quelques mois et bénéficier de l’accompagnement de facto d’autres entrepreneurs ?

Toutes ces constatations, je les échangeais aujourd’hui avec Karen Bras, créatrice de 2kids1bag, une jeune entreprise de location de matériels pour bébé sur Paris et région parisienne (de la poussette au transat en passant par la trottinette pour les plus grands). Oui, nous, les créateurs d’entreprise nous avons besoin les uns des autres pour progresser et partager. Et ceci, au-delà de toutes les formidables mesures d’accompagnement dont nous pouvons bénéficier (incubateurs, couveuses, pépinières), nous en avons besoin au quotidien dans un lieu dédié…

jan 16, 2012 - Biglib    No Comments

Toute première fois…

Le premier échange de livres Biglib à eu lieu samedi dernier entre votre serviteur(e) et PeZ68. Donc, test grandeur réelle. Très concluant.

Nous avions décidé d’aller boire un verre pour 1. effectuer le don manuellement 2. fêter ça et il se trouve que le généreux donateur m’a proposé de se retrouver à quelques pas de la maternité où j’ai accouché de mes deux enfants. J’ai voulu y voir un signe…

Comme dans les rencontres entre Twittos, ça été un joli moment où deux personnes qui a priori n’avait aucune raison de se rencontrer se retrouvent en train de raconter leur vie en sirotant un café. Nous avons eu aussi l’agréable surprise de voir notre voisin plein d’humour se mêler à notre conversation et nous raconter sa propre expérience d’entrepreneur (je vous invite à découvrir Outwit son appli de web scrapping).

Bon après tout ça, je suis rentrée chez moi en bus et j’étais assise à coté d’un homme qui avait du confondre une bouteille de white spirit avec son flacon d’eau de toilette. Très sensible aux odeurs, j’ai été barbouillée toute l’après midi. Et là, je n’y vois aucun signe.

Ma petite entreprise est mon royaume

Zwinger Palace, Dresden

Bien consciente que mon (tout) petit business (qui pour l’instant n’en est pas encore un) n’est pas des plus palpitants, j’attends que mon projet Biglib soit réellement sur les rails avant de vous en parler réellement. Mon but n’est pas de faire un « coup » en tentant de faire monter (soyons modeste !) un buzz quelconque. Bien au contraire, je souhaite m’inscrire dans le long terme et (pourquoi serait-ce antinomique ?) parler sans contrainte ni limite sur le blog.

Biglib est né à la fois du hasard et de la nécessité.

Au commencement, je n’étais pas partie pour « faire » Biglib. Ceux qui ont consulté mon profil Linkedin constateront que mon premier projet entrepreneurial était plus en cohérence avec mon parcours immédiatement précédent. Malheureusement, ce qui se présente bien sur le papier n’est pas ce qui marche mieux. Comme toujours dans ce genre d’histoire, du fantasme à la réalité il y a un gap et l’aventure que je souhaitais mettre en oeuvre s’est assez vite muée en attrape-nigaude.

Quand j’ai réalisé ce qui était en train de se jouer, j’ai compris que je devais trouver un autre projet sur lequel m’investir, un projet qui me laisserait les coudées franches. Le hasard s’est présenté sous la voix d’un ami de longue date qui à l’annonce du premier projet m’avait dit « J’aurais pensé que tu ferais quelques choses avec les livres ».

Je ne me souviens même plus du moment exact où j’ai eu l’idée de Biglib. Mais quand elle est venue, j’ai immédiatement voulu tester la validité du concept, d’une manière simple et « agile ». J’ai vérifié qu’une telle plate-forme n’existait pas déjà sous la forme que j’imaginais, trouvé le nom en 15 minutes, dessiné le logo en 10, passé une journée à réaliser un formulaire de pré-inscription et acheté quelques mots clés dans Google.

Bingo ! Le taux de transformation était prometteur.

Le concept de Biglib me correspond car il a du sens et une utilité sociale. Il répond à un véritable besoin, clairement identifié. L’idée n’est pas de révolutionner quoi que ce soit, mais de s’installer en douceur sur la toile et de créer un site utile, étape par étape, de façon artisanale , en m’attardant sur des détails ou en fonçant tête baissée s’il le faut.

Mes nouvelles aspirations visent à me créer un petit royaume personnel, une petite marque toute simple, qui aura le mérite d’être à moi sans avoir besoin de défendre pied à pied mon intégrité. Et à la tête de mon royaume, aussi petit soit-il, ne recevoir d’injonctions de personne. J’ai mis le temps, emprunté des chemins détournés, mais enfin je fais preuve d’une certaine constance dans une éventuelle et supposée inconstance.